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LesAssisesdelaMédiation#1Unnouvelespoir

Jeanne Régnier

Publié le Posted on par Jeanne Régnier

Arrivée en avril 2019, Jeanne est assistante muséographie puis programmatrice culturelle. Touche-à-tout, elle expérimente autant de formats que possible. Passionnée par la bd, le cinéma d'animation et la pop culture, elle adore glisser des références de toutes sortes dans ses titres d'articles et ses productions.

Previously in Les Assises de la Médiation

Pour repenser la médiation du Vaisseau, des journées d’échanges et de workshops sont organisées. Ce sont les Assises de la Médiation, voici la retranscription de la première session.

C’était mieux avant?

26 septembre 2019 : la première journée d’Assises s’ouvre sur la synthèse d’un diagnostic réalisé par Julien, chargé de mission sur la politique de médiation. Pendant plusieurs semaines il s’est entretenu avec l’ensemble de l’équipe du Vaisseau autour de leur travail, leur conception du lieu et  la médiation (humaine et scientifique): « Qu’est-ce que le Vaisseau pour toi ? Quelle connaissance as-tu de l’espace d’exposition ? En terme de médiation humaine et d’interaction avec nos visiteurs, qu’est-ce qui fonctionne bien, quels sont nos points forts ? Quelles sont, au contraire, les choses qu’on doit améliorer ? Connais-tu les concepts de médiation scientifique / culture scientifique et technique / vulgarisation scientifique ?

Partage de souvenirs, d’envies, d’avis : tout y passe.  

En bref :

  • Les concepts de culture scientifique et de médiation scientifique/culturelle/humaine gagneraient à être mieux connus et (re)définis.
  • Tous s’accordent pour un décloisonnement des équipes.
  • Tous souhaitent pouvoir  prendre connaissance de l’ensemble de nos offres (expositions et ses éléments, animations) ainsi que du rôle de chacun dans la création de ces dernières.

 Au sein du service culturel, ces journées de brainstorming doivent donc nous servir à relancer une machine collective ! Design, programmation culturelle, expositions, animations : nos métiers se répondent, profitons-en !

Souvenirs, souvenirs…

La matinée s’enchaîne sur un tour de table des souvenirs de médiation. Chaque participant raconte une médiation, une expérience culturelle ou muséale qui l’a marqué, en bien ou en mal, au Vaisseau ou ailleurs.

Bruno note les témoignages de chacun pendant le tour de table © Le Vaisseau
Les souvenirs de médiation de l’équipe ©Le Vaisseau

Le tout donne lieu à un riche panel d’expérience, qui se relance sans cesse. « Tiens, ça me fait penser ! ». Les points de vue des moments évoqués sont multiples et enrichissent les témoignages. On fait appel à nos souvenirs, et on change de posture : visiteur, parent amusé, médiateur fatigué, enfant émerveillé, professionnel passionné, etc. Au fond, c’est quoi une « bonne médiation ? » En faisant la synthèse de nos échanges, Bruno proposera une réponse à la prochaine journée d’assises.

Traînée en justice !

 L’après-midi, un étrange personnage entre dans la pièce. Affublé d’une perruque blonde bouclée, il tint ces propos :

« Le Vaisseau, Strasbourg, 26 septembre de l’année 2057.
Les stats viennent de tomber : la fréquentation par le public sur l’année est tombée à 27 visiteurs et 3 groupes scolaires.
Un groupe d’anciens abonnés, qui a connu le Vaisseau à ses heures fastes et ne supportant pas de voir cette institution strasbourgeoise dépérir, décide de monter une association, Ilovevso, et d’agir. Ils lancent une pétition dans les DNA où ils alertent sur le manque de renouvellement de l’établissement et en particulier des activités de médiation scientifique et de la non-présence de médiateurs dans l’espace. La pétition recueille plus de 300 000 signatures. Suite à son succès, Ilovevso décide de porter plainte contre Le Vaisseau pour non-respect du public en matière de renouvellement des  pratiques de médiation scientifique. »

C’est le Procès de la Médiation !

Mais qu’est-ce que…?
© Le Vaisseau

Ça rigole bien dans la salle ! Une urne de fortune circule. Que serons-nous ? Jurés, défense ou accusation ? Le juge poursuit :

« Les chefs d’accusation sont : 
Ilovevso porte plainte contre le Vaisseau pour non-respect du public en matière de renouvellement des  pratiques de médiation scientifique.
Si Ilovevso l’emporte, le Vaisseau s’engage à retrouver une place dans les espaces en bas (dans les espaces d’expositions, les bureaux étant à l’étage NDLR) et tester de nouvelles formes de médiation scientifique. Si le Vaisseau l’emporte, la situation restera en l’état.
Chère défense, chère accusation : vous avez 20 minutes pour préparer vos plaidoiries !»

Chacun de leur côtés, les deux camps ouvrent le dossier de pièces à convictions : des photos d’animations au fil des ans, quelques avis (positifs et négatifs) laissés par les internautes, et des fiches métiers de l’ONISEP (animateur scientifique, médiateur culturel).

Pendant que notre tribunal improvisé se prépare, une petite présentation du format de jeu en cours.

«  Jouer à débattre (JAD) est un dispositif de médiation scientifique pour les adolescents (crée par l’Association L’Arbre des Connaissances NDLR). Co-construits avec des jeunes, leurs enseignants et des bibliothécaires, ces jeux de rôles se basent sur des fictions autour d’innovations technologiques et scientifiques pour apprendre à débattre. Ils sont à la disposition gratuite des enseignants, bibliothécaires ou animateurs qui souhaitent éveiller l’esprit critique des jeunes, les initier au débat citoyen, les sensibiliser aux impacts des sciences dans la société, développer leur capacité à appréhender la complexité. »

Source

Ah ! Les 20 minutes sont écoulées ! Une fois les argumentaires préparés, tous reviennent dans la « salle d’audience ».

Tour à tour, les partis s’élancent. Le maître-mot ? La dérision ! Les improvisations font sourire et beaucoup rire. Les plaidoiries parodiques sont idéales pour exprimer certains avis négatifs sans animosité.

Le jury prend note et sort délibérer.


La parole est à l’accusation ©Le Vaisseau

La parole est à la défense ©Le Vaisseau

Verdict :

« Après examen des différentes pièces, le jury a délibéré et déclare coupable…

En premier lieu, la défense sur le non-renouvellement des espaces, le non renouvellement des offres et le non-renouvellement des pratiques de médiation, une absence de démocratisation de la culture scientifique et une non prise en compte des besoins et attentes du public.
En second lieu, l’accusation est coupable de ne pas discuter en amont avec l’équipe, de non prise en compte des contraintes de la structure pour porter ces accusations.
Aussi, nous proposons une collaboration entre les deux partis pour aboutir à une stratégie viable pour l’avenir. A défaut, si aucun accord n’a pu être conclu au bout d’un an, nous imposons la privatisation et sa transformation en Top Vaisseau –  salle de fitness. »

C’est sur cette note légère que s’achève la première journée des Assises de la Médiation. De nombreux sujets ont été abordés. Grâce à la joyeuse participation de chacun, des problématiques ont pu être exprimées en vue des prochaines sessions.

REMERCIEMENTS
Un grand Merci à l’ARES pour avoir mis à disposition ses espaces et nous avoir chaleureusement accueilli !