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MiniVaisseauCamp#2Qu’est-cequ’oncherche?

Margot Coïc

Publié le Posted on par Margot Coïc

Margot est arrivée au Vaisseau au début de l'été 2019. Véritable pile électrique, cette muséographe curieuse de tout est une boîte à idées ambulante. Particulièrement sensible aux questions d'égalité entre les hommes et les femmes, elle pratique l'écriture inclusive.

Dans l’épisode précédent, un équipage s’est formé pour inventer un ‘truc’ qui permettra de poser des questions aux enfants sur leur rapport au Vaisseau. Ça s’appelle ‘Mini Vaisseau Camp’, mais pour l’instant… on bloque.

Après avoir imaginé un espace avec des questions et des activités par tranches d’âges, un stand mobile qui ne pose pas les mêmes questions selon le lieu (retour après la visite dans le hall, expositions préférées sous la verrière) on est arrivé, doucement, à l’idée qu’il fallait nous recentrer sur les expositions. C’est quand même ce qui fait venir le public en premier et la raison d’être du Vaisseau !

Quelles sont les manipes préférées des visiteurs, celles qui sont les moins aimées, celles qui sont bien comprises ? Comment se sentent-ils dans les expositions ?

On a bifurqué et transformé ce stand en un espace dédié. En arrivant, les visiteurs et les visiteuses sont invité-e-s à remplir une carte d’identité pour nous donner quelques informations sur eux et le contexte de leur visite (âge, classe, avec qui et comment sont-ils venus). Ensuite, ils jouent au « Musée dont vous êtes le héros » : chaque visiteur-euse tire au sort une thématique comme ‘la nature’, ‘grandir’ ou un ‘parcours mystère’. Chaque parcours se compose de cartes spéciales qui proposent des éléments d’expositions, des ateliers et des animations flash dédiées (existants ou imaginés). A chaque tour, les joueurs choisissent parmi une sélection de cartes ce qu’ils font dans ce musée presque imaginaire et quelle est la posture de l’adulte qui les accompagne. A la fin de la partie on obtient un ‘dessin’ des visites ‘parfaites’ selon les visiteurs et les visiteuses du Vaisseau.

Puis, on est partis en vacances.

Et à notre retour on n’était toujours pas convaincu-e-s.

Est-ce que les enfants arriveront à se projeter ? Est-ce que ce n’est pas trop déconnecté entre les différent-e-s joueurs et joueuses (l’interaction entre eux étant finalement limitée) ?

Retour à la case départ. C’est là qu’Alain notre designer et Jean, stagiaire en design graphique, ont proposé un plateau sous la forme d’une carte sensible du Vaisseau.

@Alain F.

C’est devenu notre plateau de jeu.  

Dans chaque zone, le visiteur choisit une carte « tu préfères » ou « tu te sens ? ». L’un permet d’évaluer les dispositifs d’exposition, l’autre l’espace et la scénographie.

Avec « tu préfères » l’enfant observe dans un livret les dispositifs de l’exposition où il se trouve dans le jeu et sélectionne celui qui correspond à la carte qu’il a pioché : celui que tu trouves le plus moche, celui que tu aimerais emmener chez toi, celui où tu as appris quelque chose, celui qui t’ennuie, celui que tu fais à chaque visite, etc. 

Avec « tu te sens », il utilise une roue des émotions qui l’interroge sur le bruit, la lumière, les flux de circulation qui permet d’évaluer comment l’enfant s’est senti dans l’espace au cours de sa visite.

Les cartes et les roues utilisées sont déposées à chaque tour sur une sorte de set de table dédié que l’on prend en photo pour garde une trace de cette visite « virtuelle ».

@Alain. F

La forme nous plait, l’histoire aussi.

On commence à prototyper. A tester entre nous.

On arrive enfin à quelque chose d’opérationnel.

Le ‘set’ se transforme en fiches mission, les cartes trouvent leur forme et les questions sont revues et précisées, la roue des émotions devient un baromètre émotionnel.

Ça y est, le nouveau prototype est prêt à être testé.

On s’est même trouvé un nom, à nous, médiateurs et médiatrices de ce ‘truc’ qui est devenu quelque chose. Un outil.

Nous serons Vaisseaulogues.

Prêt-e-s à inviter les visiteurs à partir avec nous en mission !